mercredi 5 novembre 2008

La charrue avant les boeufs... Ou comment passer de la planification d'urgence au développement durable?

Je suis ici en tant que conseillère en environnement auprès d’une fédération qui regroupe près de 8000 producteurs de riz. L’environnement ne fait pas du tout partie de leurs préoccupations et de façon générale, elle est perçue davantage comme de l’écologie extrémiste. L’environnement pour eux, c’est principalement la protection des animaux et de la végétation. Le mot ne fait pas partie de leur vocabulaire alors oubliez la conceptualisation. L’objectif de mon projet: initier un processus de réflexion.

Mais c'est normal. Au Canada, depuis combien de temps entendons-nous parler d’environnement? Je me rappelle selon les modes, mes premiers contacts avec des campagnes d’information liées à des questions environnementales et les premiers messages à caractères environnementaux circulant dans nos sociétés: Ne pas jeter de papiers par terre (j’étais au primaire); les pluies acides tuens nos forêts (au primaire), il faut recycler (au secondaire), économisez l’eau (secondaire), mangez bio (CEGEP), utilisez les transports alternatifs (Université), la couche d’ozone diminue - il faut réduire la pollution atmosphérique, les changements climatiques, les villes vertes… Bref ça fait des années que nous sommes conscientisés, que nous entendons parler d’environnement à l’école, à la maison, au bureau, dans les médias et même dans les films. Quand le recyclage a commencé à Montréal, certains affirmaient que les matières collectées allaient au dépotoir et non au centre de tri, question de conscientiser la population et de développer de bonnes habitudes avant mettre en place le système. Vrai ou faux? Je ne sais pas, mais je crois que le principe est bon. L’organisme pour lequel je travail est à des années lumières de l’agroenvironnement ou de la riziculture durable.

Il faut donc commencer par le commencement et intégrer le mot environnement dans leur vocabulaire, les inciter à avoir des réflexions environnementales, même si celles-ci ne servent qu’à faire plaisir au bailleurs de fonds. Au moins, le processus de réflexion s’initie.

Par ailleurs, penser environnement et développement durable est difficile dans une société oừ les gens n’ont pas été habitués à planifier à long terme et ce principalement par nécessité. Selon la Banque mondiale, plus de la moitié de la population sénégalaise n’a pas les ressources financières pour subvenir à ses besoins de base (alimentaires)... Il est facile de comprendre qu’il aient d’autres priorités! Il y avait auparavant comme dans nos sociétés un meilleur équilibre entre l’humain, ses activités et son milieu... Or, avec l’augmentation rapide de la population, le développement des économies de marché, l’augmentation effrénée de la consommation... l’équilibre ne tient plus. La situation est encore plus difficile dans les pays en développement pour qui l’accélération du développement a en partie été imposée et s’est fait trop rapidement. Les gens sont ainsi au prise avec les mêmes problèmes environnementaux que les pays industrialisés mais n’ont pas les moyens pour y remédier... Alors les déchets, résidus de cette hausse de consommation s’accumulent sans être traités, les eaux de surfaces et sous-terraines sont dangereusement polluées par les rejets agricoles et domestiques non contrôlés...

« Avec leurs économies dépendant en grande partie de la production agricole, la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest doivent combattre simultanément la pauvreté répandue, assurer la sécurité alimentaire et réaliser un développement économique durable. Ceci s’accompli dans un environnement de taux d'analphabétisme élevés, une population qui augment rapidement, des précipitations basses et imprévisibles, des sols stériles, et des stratégies de développement qui ont eu un penchant urbain fort. Dans de telles conditions, les systèmes de production traditionnels ne peuvent pas soutenir la population. Dans l’absence d’un changement radical, la dégradation de la terre va s’accélérer et la base des ressources naturelles dont la production agricole en dépend, continuera de diminuer. » (Banque mondiale)

Pour les producteurs de riz de la FPA (mon partenaire au Sénégal), le principal problème est que la plupart maîtrisent à peine les pratiques culturales de bases qui permettent une meilleure gestion des ressources en eau et en sol et rendent pérennes ces ressources essentielles à leur travail : planage, labours appropriées, engrais appropriés, entretiens des canaux d’irrigation et de drainage, désherbage manuel... Ils rêvent de réintégrer l’arbre dans leurs immenses parcelles, en voit le bénéfice économique et l’image écologique positive que cette action engendre mais ce, sans en voir le vrai bénéfice environnemental. Il y a donc beaucoup, beaucoup de travail à faire pour qu’ils réapprennent ce que leurs ancêtres savaient presque intuitivement.

Pas facile donc de faire de l’environnement au Sénégal. Dans la région de Saint-Louis, il n’y a pas de centre technique de gestion des déchets. Ceux-ci sont déposés en périphérie de l’agglomération qui s’étend de plus en plus. Difficile de distinguer la zone habitable de la zone dépotoir. Par où commencer alors pour améliorer la situation? Construire le Centre de gestion des déchets, améliorer le système de collecte ou inciter la population à ne pas jeter ses déchets par terres ou dans le fleuve (!!!!), mais plutôt dans des contenants pour qu‘ils soit collectés… et déposés en périphérie? Comme pour notre expérience avec le recyclage, de bonnes habitudes devront être développées… Un projet de Centre de gestion des déchets est en cours… En attendant, sensibilisation, information, éducation.

Voici quelques photos de nous : http://picasaweb.google.fr/eauetsable/IleDeGorEEtDSertDeLompoulNous#
De magnifiques paysages: http://picasaweb.google.fr/eauetsable/DSertDeLompoulIleDeGorEEtSaintLouisPaysagesEtGens#
Et une vidéo de notre visite du désert de Lompoul: http://www.youtube.com/watch?v=ZWJdMb_39Bg

mercredi 20 août 2008

Quand la réalité rattrape l'espoir

Le texte qui suit ne résulte pas d’un défoulement lié au choc culturel, mais bel et bien d’un processus de réflexion . Vous y avez d’ailleurs été introduit dans mon dernier blog.

Le Sénégal serait l'espoir de l'Afrique de l'ouest... Quand la réalité rattrape l'espoir...
Selon le président, le problème est conjoncturel et non structurel… Il y a la hausse des prix du pétrole, la baisse de la disponibilité du riz sur le marché international, la mondialisation, et j’en passe. Pourtant, être un investisseur, je n’investirais pas au Sénégal malgré le potentiel; il y a des ressources naturelles, des travailleurs et un cadre réglementaire conciliant. Par contre, le gouvernement n’a pas de direction claire, unifiante et intégratrice. Il manque un projet social commun et réaliste, il manque le rêve éclairé… Je ne suis ni politicologue, ni économiste, ni investisseur. Je suis une femme qui lit la lassitude dans le regard de ses voisins, qui voit des hommes et des femmes qui ont lâchés prise. Oui, il y a ici des gens déterminés, fonceurs et créatifs, mais leur fardeau semble très lourd. Rarement j'observe l’espoir, la frustration ou la révolte dans les yeux des sénégalais.

Deux pensées diamétralement opposées me rendent tout aussi émotive. « Mais comment font-ils pour vivre dans ces conditions avec un aussi faible revenu? Bravo! » et, « Mais merde, levez-vous et allez travailler!!! » Je ne suis pas la seule « toubab » à avoir de telles réflexions mais c’est difficile de les dire tout haut et c’est un peu troublant aussi de passer de l’une à l’autre…

Des milliards de dollars s’engouffrent au Sénégal chaque année pour l’aide humanitaire ou l’aide au développement… Un grande partie de ces fonds sert à payer des frais administratifs, des tonnes de rapports, des mariages, des beaux boubous, des fêtes de lancement de programmes, des marabouts… Sans compter le matériel donné et revendu en Mauritanie, ou le tracteur offert gratuitement et abandonné 5 ans après en raison d'une crevaison… Difficile de gérer et entretenir ce que l’on reçoit gratuitement, et ce n’est pas les formations et le soutien technique qui fait la différence…

Les rizières ne produisent pas assez faute de financement et du fait de la rareté de la main d'oeuvre pour planter, désherber, effaroucher les oiseaux et récolter… Pourtant le taux de chômage est très élevé… Les producteurs manquent aussi de machinerie. Pourtant encore, en Chine la majorité des activités rizicoles se font sans machinerie lourde (tracteurs) sur des surfaces immensément plus grandes… Ca se fait donc à la main. Ce n’est pas du travail facile mais c’est efficace au niveau de la production et en plus, çela pait. Est-ce que j’ai dit que le taux de chômage est très élevé au Sénégal?

Bon, il faut tenter de comprendre :
- Le salaire annuel moyen est d’environ $750 par an
- Le litre de lait est $2,25
- Le kilo de banane est $2 (produit au pays…)
- Le kilo de tomate est de $1,50 (produit dans la région)
- Le kilo de jambon est $40 (oui c’est une denrée de riche)
- Le kilo de mangue est $1 (produit localement à la tonne!!!)
- L’électricité coûte le même prix qu’au Canada
- Le kilo de riz, près d’un dollars et il mangent 75 kilo de riz /pers/an
- Un poulet, $8… Par contre le poissons n’est pas chers… Une chance!
- Une chaise de patio en plastique, $12

Dans un autre ordre d’idée,
- 75% des gens ont un cellulaire ($0,30/min, $100 le cell)
- Le paquet de cigarette est $1,50
- Il semblerait que le Sénégal compte la proportion la plus élevée de polygamie du continent africain… Plusieurs femmes implique aujourd’hui plusieurs maisons et des frais « d’entretien » très élevés.
- Les dépenses des 20% les plus pauvres du Sénégal se répartissent ainsi :
o 10% pour le riz
o 5% pour le sucre…

Que ferions-nous dans leur situation? Dans nos sociétés, le développement s’est fait progressivement, étape par étape. Ici tout va trop vite, la population augmente trop rapidement, l’urbanisation se fait de façon désordonnée, l’introduction de plusieurs technologies se fait sans qu’il y ait eut maîtrise des concepts de bases… Des milliers d’ordinateurs s’empoussièrent dans des locaux d’ONG qui ont finalement été informatisés grâce au programme Y ou au fonds X… Pour se développer et répondre aux besoins d’une population grandissante, un pays doit commencer par développer son agriculture, puis, les petites industries, les moyennes, les grandes, le secteur des services et enfin les hautes technologies, donc les secteurs, primaires, secondaires, tertiaires et quaternaires… Et tout ça, de façon structurée, planifiée… Pas facile quand le gouvernement n’a pas de direction claire et change de plan de match aussi souvent.

Que ferions-nous? Que faisons-nous réellement?

Il y a aussi des milliers de petits et de gros projets qui fonctionnement bien, qui permettent de réduire la pauvreté, de réduire la faim, d’augmenter l’alphabétisation, d’améliorer la qualité de vie des femmes, de stimuler l’économie, d’assurer une meilleur santé et de créer un meilleur avenir par et pour les sénégalais.

Un petit mot de fin pour dire que nous allons tous très bien : Max est en vacance et en profite à sa façon (il dort beaucoup!), Flo est propre!, notre travail est très enrichissants et nos fins de semaines sont remplies de plages, nouvelles connaissances, bonnes bouffes et découvertes. C'est la saison des pluies, mais celle-ci se fait timide. Tout de même, c'est humide, il fait chaud, la population de bestioles volantes et rampantes augmente et se diversifie, de grandes flaques d'eau post-orage couvrent les rues et le paysage devient de plus en plus vert. C'est magnifique et incomfortable à la fois!
Quelques vidéos:
Pêche au Sénégal: http://www.youtube.com/watch?v=SCPmAM_srgU
Première compétition de Maxime : http://www.youtube.com/watch?v=a3FcV68w_no
La photos ci-haut est de Marc Nexon (Le Point)

mardi 17 juin 2008

Notre environnement


Bonjour à tous,
Je n’ai pas écris depuis si longtemps, que de choses à dire! Je vais donc tenter d’y aller en bref, au moins pour vous mettre à jour. Donc, premièrement, je travaille officiellement depuis deux mois en tant que conseillère en environnement auprès du même organisme que Bertrand et Fabrice, notre collègue canadien. Cet organisme, la FPA, est une fédération qui regroupe 8 unions hydrauliques, soit à peu près 9000 producteurs de riz. Mon principal objectif : initier un processus de réflexion environnemental… En bref, informer, former, faciliter le partage d’information, renforcer les compétences, diagnostiquer la situation de base et développer un plan d’action environnemental. Ainsi, nous venons de terminer une tournée des unions membres, activité des plus riches car elle m’a permis de prendre contact avec les producteurs, d'amorcer une discussions sur l’environnement avec eux et de mieux comprendre les problèmes qui les touchent. Fatiguant mais tripant! Imaginez l’atelier: le tout se passe en Wolof avec traduction, forte majorité d’homme (98%), niveaux d’éducation variés, en brousse, donc il fait chaud, prière au début des rencontres, des participants qui s’endorment et s’enflamment 1 minute après, des échanges riches- ont arrive même à blaguer-, un repas assis à 8 autour d’un grand plat collectif, et le trajet, lors duquel nos yeux alternes entre le sable beige, la végétation assoiffée, le vert surprenant des rizières, et le bleu du fleuve… Vous comprendrez alors que nous pensons déjà à notre prochaine tournée!

Une petite parenthèse sur ce sujet pour dire que j’appréhendais quelque peu mon acceptation en tant que femme dans ce milieu de travail. Malgré le rôle important (même pilier) des femmes dans l’agriculture, ce sont les hommes les administrateurs. Mon rôle est de travailler au niveau de la fédération et des unions, et donc principalement des administrateurs hommes. Les relations se passent donc très bien compte tenu de mes attentes.

Nous nous posons aussi beaucoup de questions par rapport à notre rôle ici en tant que coopérant… Qu’est ce vraiment que le développement? Quelle forme devrait prendre l’aide internationale? Qu’elle forme de développement serait le plus approprié et le plus efficace pour améliorer les conditions de vie des populations pauvres du Sénégal? En somme, qu’est-ce qui les aideraient vraiment à améliorer leurs conditions de vie, à réduire les maladies, à diminuer le fardeau des femmes… à réduire la faim?

Selon moi, ce n’est ni l’argent, ni les ressources matérielles, ni les ressources humaine et ni les connaissances. Le Sénégal a eut et a suffisamment de tout ça, du moins le minimum pour améliorer son sort. Il ne manque plus qu'un petit quelque chose. Une étincelle peut-être?

Comme vous pouvez le constater, le travail va bien et il nous pousse même à réfléchir. Ce qui n'est ma foi pas plus mal!

Sinon, Grand-Maman Monique est venue nous voir le mois dernier. Quel bonheur! Maxime termine l’école la semaine prochaine et nous nous préparons mentalement à la saison des pluies qui ne devrait plus tarder. Florence, elle, a eut une piqûre d’insecte qui s’est sur-infectée; tout le bas de sa jambe était enflé, et la région autour de la piqûre (5 cm de diamètre) est devenu très dure et bleu foncé… En 2 jours elle ne pouvais plus marcher et s’est mise a faire de la forte fièvre. Cauchemars! Méchante bibitte!!! Heureusement, tout est entré dans l’ordre, avec un peu de temps et quelques antibiotiques… Qu’elle peur quand même nous avons eut! En fait, ce qui arrive, c'est qu'après quelques temps et avec l'habitude, la confiance s’installe et progressivement nous baissons notre garde. Ce fût donc un rappel à l’ordre; nous ne sommes pas chez nous et il faut rester vigilants. Nous sommes donc maintenant tous en santé et profitons au maximum de notre expérience qui passe tellement vite!

Et maintenant, les photos:











dimanche 9 mars 2008

Un peu de quotidien

Cela fait maintenant 3 mois que nous sommes au Sénégal. Déjà! Nous n'avons pas eu de chocs culturels majeurs et nous nous sentons chez nous. le fait d'être une famille doit aider baucoup; nous nous offrons support, divertissement et il faut le dire, des enfants ça occupe! Nous n'avons donc pas le temps de nous ennuyer.


Maxime adore son école et en redemande même la fin de semaine! Il est vrai que ses journées sont courtes (8h15-13h15), mais il est aussi très stimulé: il apprend l'anglais, le wolof, a des cours de tennis, sa classe reçoit par exemple la visite de musiciens traditionnels et ils font de superbes sorties de classe, du style réserves fauniques... Il s'est même fait un blonde sénégalaise (depuis près d'un mois), et veut la marier. Preuve d'une belle intégration! J'ai maintenant une nounou à temps plein qui s'occupe de Florence le matin et aussi de Max en après-midi. Ça permet de souffler un peu et surtout de me remettre le cerveau en marche en vue de mon poste qui se concrétise finalement. Maxime et Florence s'habituent aussi à ne plus m'avoir dans les parages. J'ai donc aussi terminé l'allaitement il y a 3 semaines seulement! Je dois dire que cette belle machine a été très utile et même salutaire à plusieurs reprises quand par exemple je n'avais rien de fiable à portée de main pour nourrir ou abreuver Florence...

Nous avons passé quelques jours à Dakar dernièrement, et je dois dire que je préfère Saint-Louis à cette grande ville polluée et bruyante, étouffée par une population grandissante et un développement trop rapide et carrément cacophonique! La ville tente maladroitement de se faire belle et de se montrer à la hauteur d'un événement érigé au rang des priorités nationales: L'Organisation de la conférence islamique qui réunira les 13 et 14 mars les 57 pays membres. Le montant de l'investisssement mobilisé pour l'événement s'élève à 535 millions d'euros dont 75% proviennent de bailleurs de fonds pour la plupart des pays du Golf... On vise de nouvelles routes pour désengorger la ville, l'aéroport, une zone franche, le port, des hôtels aux standards Internationaux... La plupart des projets ne seront pas prêts à temps, mais peu importe disent les sénégalais, c'est pour le futur... Bertrand et moi avons roulé dans un tunnel tout neuf et visiblement croche... On peut lire dans l'Observateur sénégalais: "Ce sommet est une catastrophe économique et financière pour le Sénégal" en raison de ses dépenses incontrôlées". C'est un événement à suivre... (voir le site officiel pour plus d'info: http://www.oic-oci.org/oicnew/home.asp ou ttp://www.seneweb.com/news/article/15225.php )

Je profite aussi de ce message blog pour vous inviter à visiter ce site: http://www.time.com/time/photogallery/0,29307,1626519,00.html On y présente le menu et les dépenses alimentaires hebdomadaires de familles provenants de 16 pays différents. C'est visuellement très intéressant puisque tout ce qu'ils mangent en une semaine a été photographié. On se demande comment certaines familles peuvent manger si peu et on imagine assez bien comment ils peuvent avoir faim. Une famille de Breidjing, dans un camp de réfugié au Chad, dépense ainsi $1,23/semaine pour se nourrir... En Caroline du Nord, c'est $342/semaine. Ca m'a pour ma part fait réfléchir sur notre consommation et sur la difficulté que nous avons à nous nourrir plus simplement, de produits frais et locaux (en conservant bien sur une bonne alimentation). Nous recherchons instinctivement la facilité et la rapidité et avons des goûts luxueux (cette affirmation en surprendra certains à Montréal). Nous avons ainsi beaucoup de difficulté à laisser tomber nos bols de cérérals ou sandwichs au jambon occasionels qui sont des denrées très chers. Nous tentons ainsi de manger davantage de plats locaux faits avec des produits locaux comme les Yassa poisson (riz, oignons et poisson grillé). Un poisson acheté au marché peut ne coûter que $1 tandis que 5 tranches de jambons vont couter plus de $5.
... et une vidéo de Maxime et son amie tortue ici :

vendredi 15 février 2008

Il pleut!


Étendue dans notre lit, les yeux grands ouverts, j’attendais, fébrile, un je ne sais quoi. Puis d'un seul coup, le ciel s'est déversé sur la ville poussiéreuse. Je n'ai pas reconnu tout de suite le son des gouttes de pluies s'écrasant sur le toit. J'ai compris ce qui se passait quand j'ai entendu les éclairs et le tonnerre fendre la nuit et éclairer par à-coups notre chambre. Il pleut! J’ai passé une partie de la nuit, excitée comme une enfant à entrer et sortir de notre chambre, à vérifier l’étanchéité de notre appartement, à mettre à l’abri ce qui pouvait se faire mouiller, à jeter un coup d’œil sur Max et Flo qui eux, dormaient toujours, et surtout, à admirer le spectacle. La ville était noire, faute d’électricité. Les animaux; chèvres, moutons, poules et je ne sais quoi encore, criaient leur surprise, les oiseaux chantaient en pleine nuit et les volets et les portes claquaient. J’entendais jurer ceux qui avaient des abris précaires par un temps sénégalaisement froid. La pluie a flânée toute la matinée, nettoyant les immeubles et trottoirs de tout ce sable et de cette poussière, faisant briller les rues parsemées de miroirs, et nourrissant d’une luminosité propre au temps orageux, les roses, blancs et fuchsia des bougainvilliers en fleur.
Il a plut! Second regard sur cette pluie si extraordinaire en février: Le Sénégal reçoit généralement 1mm de pluie en cette période de l’année, si ce n’est aucune précipitation! 10 mm sont tombés et ont surpris la population. Cette pluie, que j’ai trouvée si belle a été une catastrophe, entre autre pour les agriculteurs qui n’ont pu mettre à temps leurs récoltes de riz à l’abri. Une partie de celles-ci serra perdue et la balance des grains, humidifiés, perdra de la valeur. En ville, il y a partout des flaques d’eau sales et parfois nauséabondes qui donnent un avant-goût de la période des pluies. La ville est entourée de dépressions où s’accumulent toute cette pluie et les eaux débordantes du fleuve en période de crues. C’est aussi là que les déchets sont déversés… Bref, je dresserai un portrait plus réaliste de cette situation dans quelques mois…
Je termine ce texte en vous disant que la photo qui l’accompagne n’est pas de moi. Ce matin là, j’ai voulu prendre des photos pour illustrer cet événement. Mais à la première tentative de photos, on a voulu me dérober mon appareil et mon sac. Des amis qui étaient non loin, m’ont défendu, et j’ai rangé mon appareil pour la journée… Saint-Louis est une ville sécuritaire. J’étais seulement au mauvais endroit au mauvais moment, c’est-à-dire, sur la route « du fou du village». Cet incident m’a par contre de nouveau fait réfléchir sur l’importance de créer de bonnes relations de voisinage et de se créer un réseau.

Source de la photo: Élise Desaulniers et Martin Gibert

mercredi 16 janvier 2008

Enfin un chez soi!

30 décembre

Ça y est, nous nous sommes enfin trouvé un appartement, ce qui n'a pas été facile. Bertrand a dû en visiter une douzaine en se faisant offrir soit des villas, qui auraient exigés gardien, jardinier, achats de beaucoup de meubles..., soit des appartement littéralement en construction, ou des habitations vraiment mal entretenues. Nous sommes très content de notre trouvaille; un petit appartement au troisième étage (un des plus haut édifices de la ville), très propre, avec eau courante et électricité, très aéré et avec une terrasse sur le toit!!! Il est très bien fait; c'est venteux et il y auras donc moins de moustique et ce serra plus frais et il est en hauteur ce qui permet d'avoir moins de poussière et d'éviter les inondations... mais pas les cafards qui, il parait migrent vers le haut en période des pluies! C'est un détail que nous gérerons en temps et lieu.
De notre toit, nous voyons toute la ville sur 360 degré et même l'océan. C'est un lieu relaxant, ou il fait bon se recueillir et faire pause sur cette aventure parfois étourdissante.
C'est très difficile de se meubler. Il n'y a pas de "marché" d'usager puisque tout est utilisé jusqu'à ce que ça devienne poussière, les meubles en plastiques style table de jardin sont très chers puisque tout est importés (table de patio en plastique $25), et les meubles en bois doivent être passés en commande chez des ébénistes au gros prix puisque le bois est rare (un lit simple en bois $100). Étant donné la petite taille de la chambre des enfants, nous avons fait faire un lit superposé au grand bonheur de Maxime qui grimpe dans sa fusée tous les soirs. Nous avons le téléphone et Internet (pour $80 par mois!) Nous faisons donc partis des 0,9% au Sénégal qui ont le téléphone. Il y a par contre 4 postes télé pour 100 habitants... et nous n'en avons pas. Tout se fait par Internet: écoute de la musique, visionnement de films, jeux éducatifs pour Maxime, info santé, musique pour Bertrand, et surtout communication. Nous n'avons par contre jamais dépensé autant pour s'installer!
Nous attendions cette étape avec impatience depuis le mois d'août à bien y penser. Il faut comprendre que depuis que nous avons quittés l'Ile des soeurs, nous sommes en transit un peu partout : chalet, sous-location à Rosemont(merci Mathieu!), chez les parents de Bertrand, quelques jours à Dakar et quelques jours en auberge à Saint-Louis. Nous avons enfin rangées nos valises, cette fois pour de bon. Nous en avions tous besoin!
La proximité fait partie de la vie ici, je dois donc vous parler des nos voisins. Au premier, c'est un jeune (assez riche pour habiter ici seul), il est styliste et reçoit souvent des amis jusqu'aux petites heures. À côté c'est une maison typique à un étage, avec cours intérieure dans laquelle il y a 2 vaches et quelques chèvres que Florence adore (elle imite très bien leur son) mais qui sont aussi un peu bruyante et odorante... Puis, il y a l'école coranique de l'autre côté et la Mosquée en diagonale... Les chèvres, les prières, les fêtes de quartier très fréquentes et animées font donc maintenant parties de notre environnement sonore. Et pour tout dire, il arrive que cette "musique" nous agace la nuit mais de façon générale elle fait partie de notre quotidien, nous sommes habitués et je suis certaine que nous trouverions nos quartiers occidentaux un peu silencieux. Oh, oui, il y a aussi un magnifique baobab dans la cour à côté.
Nous prenons le temps de créer des liens avec nos voisins. C'est essentiel pour notre intégration, mais aussi pour notre sécurité et notre acceptation dans le quartier. Les gens sont chaleureux, accueillants mais ces liens doivent être créés. Nous apprenons donc à nous ouvrir un peu plus aux autres comme eux le font pour nous. C'est une richesse qui s'échange au fil du temps... et du temps ici il y en a!
Pour des photos de notre milieu de vie et appartement visitez le lien suivant: http://picasaweb.google.ca/eauetsable/NotreAppartement

mardi 8 janvier 2008

Départ vers Saint-Louis

22 décembre

Départ vers Saint-Louis. Bertrand et moi sommes très excités. C'est là que nous vivrons et travaillerons les prochains 18 mois!!! Le trajet est mémorable, c'est le Sénégal comme nous nous l'imaginions, avec ses baobabs, sa brousse, ses beaux oiseaux et des petits bourgs typiques.... puis nous sentons l'odeur de la mer et arrivons à Saint-Louis oû se mélangerons d'autres odeurs (déchets, poissons, marché, poussière. La ville est magnifique, ont dirais une carte postale, imaginez l'entrée de la ville par le pont Fedherbe, vue sur des édifices à l'architecture coloniale (généralement délabrée), des barques de pêcheurs, des baobabs, manguiers et bougainvilliers en fleurs, les rues en sable et des enfants qui jouent au foot partout.
Nous logerons quelques jours dans une auberge avant de se trouver un appartement. Les gens sont chaleureux et accueillants et nous devons tout deux développer notre côté social... et nous habituer au rythme lent de la vie.
Maxime se lie rapidement d'amitié avec des voisins qui deviennent même un peu trop envahissant pour lui. Nous devons rapidement nous réajuster, établir de nouvelles règles avec ses nouveaux amis et l'aider à conserver sa bulle... C'est pour lui que l'adaptation est la plus difficile. Il n'a ni notre expérience, ni l'innocence de Florence. Il faut trouver, autant pour lui que nous, le juste milieu entre l'intégration et le respect de notre personne, nos valeurs et notre culture... Petit exemple: Il a attrapé un parasite cutané assez invasif en jouant avec des enfants... Le médecin m'a conseillé de surveiller ses fréquentations...
Nous sommes invités à fêter la Tabaski chez un un collègue de Bertrand. Qu'elle expérience mémorable. Cette fête commémore l’intention qu’a eut Abraham de tuer son fils sous l’ordre de Dieu. Au dernier moment, Dieu à remplacer son fils par une chèvre. Les musulmans soulignent donc cette journée en sacrifiant un mouton. Bertrand a participé au sacrifice et nous avons partager avec honeur ce repas.
Pour plus de photos cliquez sur le lien suivant : http://picasaweb.google.ca/eauetsable/Tabaski

C'est le grand jour

Jeudi le 13 décembre
Départ vers le Sénégal et nous sommes dans les préparatifs jusqu'à la dernière minute. Nous n'avons pas eut beaucoup le temps de penser à ce que nous laissons à Montréal et à ce qui nous attend là-bas. Nous fonçons et Maxime est heureux il sait qu'il part pour une longue aventure et qu'il va prendre l'avion... L'avion est en retard de 3 heures, il faut dégivrer l'avion. Comme si le Québec ne voulais pas que nous l'oublions! Le vol s'est très bien passé malgré que Florence ait peu dormi. Quelques surprises sorties minutieusement aux moments opportuns et beaucoup de jeux improvisés ont rendus les moments un peu longs plus soutenable pour Maxime. Arrivée à l'aéroport de Dakar: aucun doute, c'est l'Afrique! Nous somme par ailleurs assez confortable contrairement à nos arrivées par exemple à Mumbai...Ici ça parle français! Nos bagages ne sont pas là et arriveront le lendemain puisque ceux qui devaient arriver hier étaient dans l'avion d'aujourd'hui...

Motdoux (CECI) nous accueil et Max démontre rapidement de l'attachement pour cet homme qui nous sera d'une précieuse aide!!!!! On nous dépose chez Madame Bâ, une auberge principalement utilisée par des coopérants et chez qui nous resterons 3 nuits avant de partir pour Saint-Louis. Nous prenons le lendemain matin notre premier petit déjeuné Sénégalais. Pain baguette (agréable surprise), tartinade au chocolat (genre nutella mais à base d'arachides), café instantanée et lait (en poudre) pour Maxime. Il ne mange rien ce qui sera à l'image de plusieurs repas suivants... Nous passons beaucoup de temps dans à l'auberge pour que l'adaptation soit très progressive pour les enfants. Nos quelques petites excursions à l'extérieur sont rapides et ciblées. Notre passage à Dakar est donc court. C'est entre autre bruyant, pollué, et beaucoup moins sécuritaire que Saint-Louis. La Tabaski arrive (fête Musulman où chaque famille sacrifie un mouton). Il y a donc des marchés de chèvres et moutons partout. Prochaine étape Saint-Louis.

samedi 5 janvier 2008

Ouf!

10 Décembre

Une course folle, contrôlée mais folle... C'est ce qu'ont été les dernières semaines avant notre départ... Tout s'est bousculé en même temps: la soutenance de Bertrand qu'il a mené avec mention d'excellence, le dépôt de sa thèse, la gestion, l'entreposage de nos quelques biens, quitter le logement, et surtout, préparer le départ... Et partir avec des enfants en bas âge, ça multiplie la complexité des préparatifs. Je suis habituellement humble, mais là, vraiment, ce n'est pas pour tout le monde. Il faut un bon niveau de planification, d'organisation et surtout d'expérience considérable!!!
Vous pourrez donc suivre notre aventure, cette magnifique expérience, avec ce blog que j'essaierai d'alimenter le plus fréquemment possible. J'ai par ailleurs pris du retard et les premiers messages que vous lirez ont été rédigés au cours du mois.

À bientôt donc!